Évènemnents
Un drame sur la rivière aux brochets
UN DRAME SUR LA RIVIÈRE AUX BROCHETS;
Par un beau soir d’hiver, soit le 12 janvier 1939 à 20 :45 , une partie de la jeunesse de Notre-Dame de Stanbridge, patine sur la rivière, éclairée par la luminosité de la lune. Tout à coup, une portion de la surface glacée cède sous les lames de deux couples qui ne se s’étaient pas rendu compte qu’ils étaient à un emplacement où on avait coupé la glace la veille sans baliser l’endroit. Marie Ouimet, Rita Galipeau, Honoré et Aimé Fournier se retrouvent instantanément sous la mince surface glacée . Se débattant dans l’eau, ils essayent de se sortir de cette fâcheuse position, mais la glace se brise sous leur poids. Alertés par des cris déchirants, des patineurs se précipitent au secours des malheureux. Pendant qu’on allait chercher une échelle, Marie tente de se maintenir hors de l’eau, en bonne nageuse qu’elle était, tandis que ses compagnons d’infortune, demeurent immobile dans l’eau glacée qui brûle leur corps, dans l’attente des sauveteurs. Une vingtaine de minutes plus tard, c’est Marie qui la première, aperçoit les secouristes avec l’échelle, et qui averti ses amis. Mais saisie de froid et complètement à bout de force du à la lourdeur des vêtements et l’emprisonnement des patins, elle coule à pic pendant que ses compagnons sont extirpés de leur bain glacée. Les trois victimes, Rita, Honoré et Aimé en sont quitte avec de terribles crampes dues à l’hypothermie causé par cette pénible immersion dans l’eau froide. Le corps de la pauvre Marie est retiré de la rivière quelques heures plus tard sous les yeux horrifiés de ses parents et de son frère cadet. Le 16 janvier 1939, Mlle Marie Ouimet âgée de 17 ans entrait pour une dernière fois dans le temple du Seigneur. Elle était la fille de Zéphyr Ouimet et Clara Nolin, originaires et résidents de Notre-Dame. Ses soeurs, Anna, Marie-Louise, Marguerite, Rita et son frère Vincent, furent tout aussi dévastés que les nombreux parents et amis présents aux funérailles. Le service fut chanté par le curé Grenier entouré de toute la communauté du village et de celle des environs. Jamais à Notre-Dame on avait connu un tel drame et jamais par la suite un tel accident se produisit. Les coupeurs de glace en furent quitte pour une bonne leçon et les jeunes pratiquèrent la prudence lors de leurs escapades nocturnes. Mais même balisés, le soir, la glace peut être trompeuse.
SCIER LA GLACE ET L’ENTREPOSER : UNE NÉ CESSITÉ POUR L’ÉPOQUE. Sciage de la glace sur la rivière aux Brochets La conservation des aliments, nécessitait beaucoup d’ingéniosité de la part de nos ancêtres. Les caveau en pierres, les sous-sol de terre battue , les saumures , les fumages, les confitures et les marinades…voilà quelque unes des façons qu’ utilisaient nos aïeuls pour conserver les viandes et les produits de leurs jardins. A Notre-Dame, la rivière aux Brochets, avec son débit intéressant et son bassin important créé par le barrage, a toujours été propice à la coupe de la glace. Découper la glace, l’entreposer dans des genres de glacières remplies de « bran de scie » pour la conserver jusqu’après l’été indien, était une entreprise saisonnière nécessitant une certaine expertise. Les derniers à exploiter ce genre d’entreprise à Notre Dame furent les frères Gamache : Eugène, Albert et Oscar qui résidaient sur la terre familiale au rang de Ste-Anne ( actuelle résidence de Jean-Nicholas Pinsonnault). Jusqu’aux années 1950, la glace était un produit important pour notre communauté car bien que l’électricité fut installé chez nous vers 1927, ce n’était pas tous les foyers qui possédaient un « Frigidaire ». C’était une opération simple mais qui nécessitait de grands efforts physiques. La surface glacée était percée et ensuite on y insérait une scie qui permettait d’extraire le premier morceau. Les frères Gamache avaient perfectionnés une scie qui fonctionnait avec un moteur à gaz et qui facilitait la tâche des hommes, mais les chevaux devaient tirer ces blocs qu’on hissait sur une sorte de rampe de bois afin de les acheminer jusqu’à la glacière. Machine a glace des frères Gamache A chaque année des inspecteurs du gouvernement venaient « tester l’eau » afin de permettre la coupe d’une glace saine à la consommation humaine. Notre-Dame à toujours passé le test car il y avait une bonne circulation et une bonne épaisseur d’eau. On sciait la glace dans sa partie la plus épaisse, à partir du barrage jusqu’au deuxième méandre de la rivière qui est aujourd’hui chez Robert Melaven. La glacière se trouvait à la « beurrerie » actuel site de l’édifice à logements multiple de Rollande Gabriel près du pont du chemin St-Henri. Selon les dires de ceux qui ont travaillés à la glace , il y a eu des hivers tellement froids que l’on sciait deux fois ce trajet. Dans cet événement triste, on ne peut blâmer ni les artisans qui avaient sans doute fait de leur mieux pour indiquer l’endroit de ni les jeunes qui profitaient de cette belle soirée pour pratiquer leur sport favori. En ce début d’année, soyons quand même prudent lors de nos incursions sur la rivière, car la glace peut nous jouer de mauvais tours.