Quelques faits intéressants

Fabrication de la brique à Notre-Dame

Fabrication de la brique à Notre-Dame

On fabriquait de la brique a Notre-Dame en 1881. 
L'origine de la brique remonterait à 7000 ans avant J.C. Son utilisation se généralise au IIIème millénaire avec la sédentarisation de l'homme. La nécessité de se protéger contre les intempéries et les prédateurs impose à l'homme de trouver un matériau dur et résistant. De plus la brique est facilement réalisable à partir de terre ou d'argile. 
Pendant longtemps la brique moulée puis séchée au soleil, demeure fragile et vulnérable car elle ne résiste pas bien aux caprices de mère nature. Laissée plus longtemps au soleil elle devient plus dure; en la cuisant on obtient un produit plus résistant qui permet de réaliser des constructions plus importantes. 
C'est vers 1830 que la fabrication de la brique s'industrialise. Une machine agissant comme un emporte-pièce découpe rapidement la forme voulue dans la glaise fraîche. Ce sont des colons américains, d'origine hollandaise, immigrés au Québec à la fin du 18e et au début du 19e, dans la foulée de la révolution Américaine, qui introduisent ce style de maçonnerie chez nous. 
Ces colons avaient apporté d'Europe diverses techniques de construction dont le type de colombage briqueté; (techniques que connaissaient aussi les premiers colons français). Lentement chez-nous, la brique prend une place plus importante dans la construction des habitations tant urbaines que rurales. 
Du mur creux en briques recouvert de plâtre, ( double ou triple épaisseurs, séparés d'une couche d'air, diminuant l'humidité intérieure) , la brique devient le revêtement extérieur par excellence, accessible et  facile a disposer. La  brique est aussi choisi pour son prix,  pour la  facilité d'exploitation  des grands dépôts d'argile nombreux dans la région. 
L'extraction de l'argile, nécessaire à la fabrication de la brique, était faite à partir de puits rudimentaires, de mines ou de carrières d'argile.  Une fois cette dernière extraite, un travail de broyage permettait d'affiner cette matière première à laquelle on ajoutait de l'eau pour lui donner une certaine homogénéité, pour la pétrir et lui donner sa forme finale avant de la cuire. 
C'est avec la seconde demi du 19e siècle que le nombre de briqueteries s'accroîtra au pays et particulièrement ici dans le sud-ouest du Québec. Au fur et à mesure que le paysage architectural se modifie, la couleur « brique » s'impose. C'est un peu la couleur de notre patrimoine bâti puisque c'est  le produit de l'argile régionale. 
Les « anciens» de la région disaient que la brique fabriquée ici était différente et s'effritait avec le temps. Peut-être que la qualité de l'argile y était pour quelque chose ou simplement que les fourneaux ne rendaient pas la chaleur appropriée à une bonne cuisson...De toutes façons, plusieurs constructions anciennes et qui semblent encore très solides, témoignent que ce type de produit « artisanal » reste quand même une réussite. Plusieurs de nos villes et villages ont donné le nom de "clay" a certaines de leurs rues.
Chapelles, moulins, manufactures, écoles, magasins, résidences simples ou cossues se retrouvent dans notre paysage et racontent notre histoire. 
Dans les cahiers monographique de l'abbé Desnoyers, il est mentionné que Joseph Couture, un jeune   investisseur du  village, opérait en 1881,   du côté sud de la rivière , en bas du barrage,  une carrière d'argile ou il fabriquait les briques pour la construction de ses entreprises. 
En 1882,  Couture engage le sieur Israël Thibault, afin d'opérer la briqueterie  en son nom. « Cet humble établissement est un simple appentis érigé sur la rive gauche de la rivière aux   Brochets, pour la confection de briques. ». « En 1884, Couture vend le modeste établissement au briquetier pour la somme de $1400. Ce dernier n'y trouvant point son affaire, offre de le remettre aux créanciers de l'industriel Couture. C'était au printemps 1885. Ces derniers n'agréent pas la transaction et proposent à Thibault une déduction de $600. de la valeur présumée de l'établissement.  Le briquetier consent à le garder à condition toutefois qu'on lui cède en sus un certain îlot situé à environ trois arpents à l'ouest de la manufacture de tricot. Cet îlot, alors propriété de Joseph Couture, était un endroit charmant et fort propice aux rassemblements et réjouissances populaires dites pique-nique. »

Plusieurs constructions de notre village témoignent de l'activité de cette briqueterie qui fut toutefois éphémère, mais qui a laissé sur notre paysage une empreinte aux couleurs très locales. 

Le barrage du village

« Le site d'un village ne se choisit pas par hasard. Il dépend de caractéristiques assurant le regroupement initial d'un certain nombre de personnes qui trouvent profit à s'établir en un lieu donné. »

C’est depuis 1820 qu’un barrage sur la rivière aux Brochets retient l’eau pour créer un bassin assez important. Construit en bois au début, il servait à actionner un moulin à scie, installé du côté sud de la rivière où les billes de bois coupées en amont étaient acheminées par le courant.

Dès les années 1815, les nouveaux arrivants, des loyalistes, concentraient leurs efforts à la transformation du bois destiné à la fabrication de navires qui servait à la marine royale de Sa Majesté. Les essences de bois de grande qualité formant la majeure partie de nos forêts y étaient affectées en premier lieu. Le bois commun subissait aussi une transformation, et servait plutôt à la construction de maisons et d’édifices pour loger ou desservir les habitants

Sans être ingénieurs, les premiers habitants de nos villages ont compris l’utilité de leur rivière et l’ont utilisée, érigeant des barrages sur son parcours aux endroits de fortes dénivellations. Moulin à scie, moulins à grains ou à carder la laine, tous étaient mus par le pouvoir de l’eau. Ainsi, durant la période entre 1820 et 1920, avant l’électricité, plus de trente barrages furent construits sur la rivière aux Brochets et sur son principal affluent, le ruisseau Morpion.

Établir un moulin à scie sur une rivière nécessite la construction d’un barrage. L’initiative serait celle d’un certain colonel Christian Wehr, un loyaliste, qui en 1820 aurait utilisé la force hydraulique pour aménager et faire tourner ses moulins.

En 1860, M. Julien Couture, un cardeur de Saint-Alexandre, achète le barrage et les moulins à scie de Wehr. Il construit un moulin à grains, bonifiant ainsi l’utilisation du pouvoir d’eau. Les entreprises de Julien Couture profitent et atteignent leurs apogées vers 1870. Son fils Joseph se joindra a son père et deviendra l’unique propriétaire en 1884.

En plus des moulins, le fils Couture construisit une manufacture de laine équipée pour filer, tisser, teindre et sécher la laine et les pièces de tissus. Le barrage pourvoyait la force hydraulique à plusieurs de ses installations, offrant de nombreux emplois et créant une prospérité, éphémère, au village.

Les moulins à scie disparurent du paysage au début du 20e siècle. Le moulin du sud fut détruit par un incendie à la fin du 19e siècle. Le moulin du nord, transformé en moulin à carder devenu un moulin à farine en 1860, fut opéré par de nombreux meuniers, pendant plus de cent ans.

C’est en 1995 que la municipalité, devenue propriétaire des lieux, commande la démolition du moulin à farine , abandonné depuis plus de 15 ans. Un magnifique belvédère sera alors élevé sur ses ruines encore solides faites de pierres des champs.

Cet endroit, devenu aire de repos, nous permet d’admirer la beauté de notre environnement tout en écoutant le bruit apaisant de l’eau se déversant au pied du barrage.

La chasse aux lamproies

C’était l’été 1961, à la veille du mariage de ma sœur Monique. Mon parrain qui demeurait avec sa famille à Jonquière au Lac Saint-Jean venait de décéder et il laissait 6 orphelins et une jeune veuve. Trois garçons et trois fillettes vinrent donc s’installer avec leur mère à Notre-Dame de Stanbridge pour l’été avant de se trouver un chez-eux à Iberville, avec l’aide de mon père et de mes oncles.


Pour moi c’était un été un peu foutu, car mes parents m’enjoignirent de m’occuper des trois garçons qui avaient sensiblement mon âge. L’été 1961 fut sans doute une de celles dont je me souviens le moins, car je me devais de toujours surveiller ces trois petits chenapans qui ne pensaient qu’à la pêche et qu’à l’aventure vers les forêts et les granges inoccupées.

Mais un beau matin de juin, ces trois petits gredins découvrirent au pied du barrage, l’existence de la lamproie de rivière. Et alors ma vie est devenue plus agréable, car dès lors, mes trois cousins passèrent la majorité de leur temps à capturer ce monstre marin, et Dieu peut m’en être témoin, ils ont probablement contribués à mettre cette espèce en danger puisqu’ils en capturaient des centaines par jour.

Cinquante ans plus tard, la lamproie de rivière est toujours active dans nos cours d’eau tant le ruisseau Morpions que la rivière aux Brochets.

« La lamproie marine est une espèce primitive, qui ressemble à une anguille et qui provient des régions côtières de l'Océan Atlantique. La lamproie marine est entrée dans les Grands Lacs via les systèmes de canaux, construits par l'homme vers 1830, et s'est établie dans tous les Grands Lacs vers 1938. Depuis 1956, les gouvernements des États-Unis et du Canada travaillent conjointement, grâce à la Commission de la Pêche des Grands Lacs, pour appliquer un programme de contrôle de la lamproie marine. » Fédération des pêcheurs et chasseurs de l’Ontario


La lamproie est un genre d’anguille invertébrée à sang-froid, qui fraye dans nos rivières durant les mois de mai et juin. Cette espèce fait partie des agnathes qui ne sont pas considérés comme des poissons au sens strict (les lamproies n'ont pas de mâchoires, mais une ventouse, pas d'écailles, ni de nageoires paires, ni surtout de colonne vertébrale osseuse). Elles ont conservé des caractéristiques d'espèces primitives, tout en ayant développé un comportement et un mode de vie très spécialisé.



« Une lamproie peut tuer plus de 18 kg (40 livres) de poissons au cours de sa vie adulte, qui dure de 12 à 20 mois. Dans les années 1940 et 1950, les lamproies marines ont été l'un des facteurs majeurs de l'effondrement d'espèces de poissons qui contribuaient à la pêche dans les Grands Lacs. En moyenne, seulement un poisson sur cinq survivra aux assauts des lamproies marines; si l'assaut ne les tue pas, la blessure résultera probablement en une maladie. Avant que les lamproies marines n'arrivent, le Canada et les États-Unis ensemençaient à peu près 15 millions de livres de truites dans le lac Huron et dans le lac Supérieur par année. Lorsque le nombre de lamproies marines à atteint son plus haut niveau, vers le début des années 1960, la prise était d'environ 300 000 livres par année seulement.
Même aujourd'hui, avec les contrôles en place, qui ont réduit de beaucoup la population de lamproies marines, dans quelques secteurs, comme le Nord du lac Huron et du lac Michigan, elles tuent encore beaucoup de truites touladi et empêchent leur rétablissement complet. » Fédération des pêcheurs et chasseurs de l’Ontario