Malmaison

De Malmaison à Notre-Dame

La Famille DesRivières. ( petit retour en arrière)

 En 1801, le roi George III concéda à Hugh Finlay, 31,000 acres dans la partie ouest du canton de Stanbridge. Hugh Finlay mourut la même année et c'est James McGill qui devint propriétaire de cette concession. James McGill, né à Glasgow en Écosse (1744) avait épousé, Marie-Charlotte Guillemin, veuve de Joseph Amable Trottier dit DesRivières, qui lui avait laissé deux fils: François-Amable et François-Hyppolithe . James McGill mourut le 19 décembre 1813 et légua à la « Royal Institution for Advancement of Learning», $40,000, ainsi que sa propriété de Burnside en vue de la construction d'un Collège ou d'une Université. ( L'Université McGill de Montréal fut construite en 1821). 

François-Amable hérite du territoire de Stanbridge au décès de son père adoptif; son frère François-Hyppolithe étant mort suite à un duel en 1799. En 1830, François-Amable décède  et lègue à ses deux fils François-Guillaume et Henri tous ses biens ainsi que ce territoire de Stanbridge concédé jadis à Hugh Finlay. ( C'est ici que l'histoire de Malmaison commence)

«Malmaison» 
Les deux fils de François-Amable DesRivières s'installent  vers 1841, sur ce territoire loyaliste avec pour but d'y faire prospérer leurs affaires, qui consistent dans le traitement du bois, des céréales, de la farine, et plus tard, dans le transport par train de leurs marchandises. Ils construisent un superbe manoir qu'ils nommeront Malmaison

À l'endroit appelé «Malmaison» sur la rivière  «Pike River» un hameau se forme et une communauté s'installe. les frères DesRivières établissent leurs affaires. Un barrage sur la rivière est construit pour activer un moulin à scie et un moulin à grain de part et d’autre de la rivière. Un pont devient nécessaire pour permettre aux habitants de se rendre à l’un ou l’autre des moulins.  

En 1845, les  DesRivières construisent  une chapelle qui précédera la fondation et la consécration  de la première paroisse catholique du township de Stanbridge:  Notre-Dame-des-Anges. ( voir l'histoire de la paroisse Notre-Dame-des-Anges dans une autre chronique

Le  hameau «Malmaison»,  du nom de la résidence de la famille DesRivières, compte maintenant plus de 200 habitants et se constitue en municipalité soit celle de Notre-Dame-des-Anges de Stanbridge, avec comme premier maire le sieur Henri DesRivières, l'homme le plus influent de l'époque.  *Henri DesRivières  a  aussi occupé le poste de préfet de la corporation du comté de Missisquoi, en1856 et 1857

 Les fructueuses années 1860 ont vu  l'établissement  d'un magasin général, d'un bureau de poste,  la construction d'une école et d'une  gare. (celle de la Compagnie du Central Vermont).

La  municipalité Notre-Dame-des-Anges de Stanbridge, une des premières à être constituées dans cette partie de la Province du Bas Canada, comprenait les lots numéros 1 à 146 de la huitième concession de Sabrevois et les 31000 acres du Canton de Stanbridge.
Ce  grand territoireaura son administration pendant plus de quarante ans soit jusqu’au 21 mars 1889 alors que le gouvernement du Québec formera à même ce territoire trois nouvelles municipalités : Stanbridge-Station, St-Ignace de Stanbridge et Notre-Dame de Stanbridge. 

St Charles de Stanbridge ou «Couture» : 1850- 1889 
A deux miles et demi au nord de Malmaison, il y avait un centre artisanal appelé St Charles de Stanbridge que l’on nommait communément «Couture» du nom du plus important propriétaire de l’endroit. Joseph Couture, (fils de Julien) était un homme ambitieux et entreprenant, qui, voyant prospérer les autre villages et agglomérations de Stanbridge, décida d’implanter plusieurs entreprises autour de son pouvoir d’eau que lui fournissait la Rivière aux Brochets. Jouissant d’un niveau d’eau plus élevé qu’à Malmaison, le petit centre artisanale de «Couture» s’est vu croître plus rapidement que cette première et s’est vu gagner de l’importance en industries, commerces, population et cela au dépens de Malmaison. Ainsi vers 1880, on y dénombrait entre autre : un moulin à farine, un moulin à scie, un moulin à carder et une importante usine de tissus, toutes propriétés de Joseph Couture, et pour compléter le «tableau» une
beurrerie, une tannerie, une boutique de forge, plusieurs magasins général, un bureau de poste, une école et une superbe église toute neuve inaugurée le 25 décembre 1879 lors de la messe de minuit. Fière d’une population grandissante, St Charles de Stanbridge, devient le 21 mars 1889 la municipalité de Notre-Dame de Stanbridge. Le 27 juin 1913, un Arrêté de Conseil du Gouvernement du Québec annexait à la Municipalité de Notre-Dame de Stanbridge les lots numéros 1 à 105 de la Seigneurie de Sabrevois qui appartenaient à la Municipalité Notre-Dame des Anges qui à été dissoute le même jour. Notre-Dame de Stanbridge à été le premier village dans plusieurs domaines : en effet, c’est ici que la première municipalité à été incorporé dans la province du Bas-Canada; c’est là aussi que la première église catholique à été construite en 1843 et c’est le premier village du canton de Stanbridge à avoir eu une population majoritairement francophone au XIX ème siècle, sur un territoire réservé uniquement aux loyalistes anglophones. En passant de nos jour là ou était situé Malmaison c’est à dire dans le rang DesRivières, à proximité du pont couvert, il est difficile de s’imaginer que ce site fut jadis un centre d’activités appréciables tant pour la famille DesRivières que pour les quelques 200 habitants qui y vivaient et y puisaient les ressources nécessaires à leur bien être. Par contre, au village de Notre-Dame de Stanbridge, une certaine activité règne toujours. Même si le progrès à fait disparaître la majorité des entreprises du XIXème siècle. L’endroit y demeure paisible et «bucolique» comme disent les circulaires touristiques. La rivière, qui se repose d’avoir donné tant de pouvoir hydraulique continue de nous enchanter et de faire de notre village un endroit ou il fait bon vivre. Mes sources : Album du centenaire de Notre-Dame de Stanbridge Missisquoi, a Store of Memories, vol. XII