Education / scolarisation
SYSTÈME SCOLAIRE
HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT AU QUÉBEC ET DES ÉCOLES DE RANG
Sources : L’École Delisles et l’Historique des écoles de rang au Québec
L’École No 5 du rang Campbell, village Ste-Sabine
Site du ministère de L’Éducation du Québec
SYSTÈME SCOLAIRE : DE LA NOUVELLE FRANCE AU BAS-CANADA
Née sous l'aile du Régime français, l'éducation au Québec connut une longue évolution. Créée par une loi de 1829, l'école de rang devient la première tentative d'organisation systématique de l'enseignement au Québec, et ce, dans le but très louable de faciliter l'accès à l'instruction dans les paroisses et leurs dépendances rurales.
Avec la mise sur pied du système d'inspectorat, en 1851 et plus tard du Département de l'Instruction publique, l'enseignement s’est rapidement uniformisé et réglementé. Dès lors, le nombre d'écoles de rang ne cessa de s'accroître à travers le territoire québécois, rehaussant ainsi le niveau d'instruction populaire.
CHRONOLOGIE DE 1635 à 1845
« En 1635, en Nouvelle-France, les 300 colons canadiens-français confient l’instruction de leurs enfants aux Jésuites. Un peu plus tard, on soumet les filles aux bons soins des Ursulines et en 1763, le Séminaire de Québec prend la relève des Jésuites en se chargeant de l’instruction des niveaux secondaires. La même année la France cède le Canada à l’Angleterre (Traité de Paris).
Par l’acte de Québec de 1784, les habitants ont le choix de leur langue et de leur religion. En 1787, un comité est mis sur pied par Lord Dorchester pour enquêter sur la qualité et l’état de l’éducation au Canada. Le but visé est de permettre l’instruction à tous, même aux plus pauvres et aux plus éloignés.
En 1793, on compte plus de 150,000 Canadiens français. Pour ce qui est de l’enseignement, 17 écoles seulement situées surtout à Québec, Trois-Rivières et Montréal, offrent leurs services à cette population. Chez les francophones catholiques, depuis le début de la colonisation, l’instruction est à la charge des colons et de la fabrique. Or ces gens se sont tellement endettés à édifier leurs églises ou leurs chapelles qu’ils ne peuvent, en plus, supporter le financement des écoles et le salaire des enseignants. Alors quelques mères de famille vont accueillir chez elles, dans leurs cuisines, les enfants des environs pour leur apprendre les rudiments des lettres et des chiffres.
Chez les protestants anglophones, par contre, après la Conquête, c’est le gouvernement qui défraye les coûts des écoles et du matériel en plus de payer le salaire des maîtres d’école. L’alphabétisation des anglophones prend donc le pas sur celle des francophones.
C’est en 1801 qu’on instaure le système scolaire et les petites écoles de rangs poussent partout à travers le Québec. En 1821, on travaille à rendre l’instruction accessible à tous particulièrement aux démunis. Cette tâche est notamment difficile, car 90% de la population francophone vit à la campagne. En 1832 commence à germer l’idée de « Commission scolaire » telle que nous les connaissons aujourd’hui. En 1836 le nombre total des enseignants, autant anglophones que les francophones avoisinent les 1400. (96 % d’entre eux sont laïcs).
C’est en 1841 que la loi de l’instruction publique est votée, c’est le début du système scolaire primaire tel qu’on le connaît aujourd’hui. En 1845, les écoles de fabriques (francophones) et les écoles royales (anglophones) passent sous la juridiction des commissions scolaires. Désormais, les commissaires, élus par le peuple, ont le pouvoir de percevoir les taxes et la responsabilité de les utiliser à bon escient pour la construction de nouvelles écoles dont les coûts seront défrayés à 50 % par le gouvernement lequel prendra aussi charge du salaire des enseignants et des frais de scolarité des enfants pauvres.
ÉCOLES DE RANG ET MAÎTRESSES D’ÉCOLE
Autrefois, les enfants de la campagne n'allaient pas à l'école du village ou de la ville en autobus scolaire. Les parents n'avaient d'ailleurs pas le temps de les conduire eux-mêmes à l'école. Afin de permettre aux enfants d'y aller, on a alors construit, un peu partout à la campagne des petites écoles que l'on appelait écoles de rang. On les appelait ainsi parce que les gens les construisaient au milieu d'un rang, le plus près possible du plus grand nombre d'enfants. Quelquefois, certains élèves devaient marcher deux ou trois kilomètres pour s'y rendre. Pendant plus de cent cinquante ans, ces écoles de rang ont permis aux jeunes Québécois vivant en zone rurale d'obtenir leur diplôme d'étude primaire.
Bien sûr, l'âme de l'école de rang, c'était la maîtresse d'école. Après les parents et le prêtre, la maîtresse jouait le rôle le plus important dans la destinée des enfants. C'est elle qui transmettait les connaissances et les valeurs sociales et religieuses. Les matières qu'elle enseignait étaient le catéchisme, le français, la géographie et l'arithmétique. La journée commençait toujours par la prière. L'enseignante devait être sévère et elle pouvait punir les élèves d'un coup de règle sur les doigts ou par une petite taloche.
À l'école, une chambre était aménagée au deuxième ou à l'arrière de l'école, pour loger l'institutrice. Son mobilier était constitué d'un lit, d'un lavabo et d'une armoire de rangement. C'est elle qui à l'aube allumait le poêle pour chauffer l'école avec le bois que les élèves avaient cordé aux récréations.
Une « bécosse » à l'extérieur pour la maîtresse et ses élèves. Elle ne devait sous aucune considération avoir un homme dans sa vie et devait rester célibataire aussi longtemps qu'elle était enseignante.
LES ÉLÈVES
Une école comptait environ de 12 à 40 élèves (maximum 55) dont les âges variaient de 6 à 14 ans. La classe se divisait en 7 niveaux. Les élèves travaillaient de 9 heures à 16 heures, sauf pour les petits de premières et deuxièmes années qui terminaient à 13h30. Par contre ils devaient souvent attendre leurs aînés pour rentrer à la maison. Les élèves n'allaient pas nécessairement à l'école tous les jours. Il arrivait que les parents gardent les garçons à la maison pour aider aux travaux des champs et les filles pour aider aux tâches ménagères.
Les garçons et les filles jouaient toujours séparément sur l'heure du dîner et à la récréation. L’été ils jouaient à la balle et à la corde à danser. Ils avaient en plus d'autres tâches à accomplir pendant leur pause comme aller chercher de l'eau pour la maîtresse au puits du voisin et corder le bois pour l'hiver.
L’ÉCOLE DU RANG SAINT-CHARLES À NOTRE-DAME-DE-STAN BRIDGE (dite École #2)
C’est en 1858 que la petite école du rang Saint-Charles est construite par les habitants du coin. Elle ouvre ses portes en 1861. Une première école sur le rang Saint-Joseph ( Macy Ridge) existait déjà a cet époque.
Les écoles de rang étaient de petites bâtisses avec une seule salle de classe et une pièce à l’étage supérieur pour loger l’institutrice. Le poêle à bois placé au centre de la classe transmettait une chaleur inégale aux élèves installés tout autour. Un tableau noir, un bureau, des pupitres doubles complétaient l’ameublement intérieur. Un puits et des commodités extérieures achevaient le tableau des éléments nécessaires à son bon fonctionnement.
Le commissaire élu gérait et dirigeait l’arrondissement scolaire où était construite la petite école. La « maîtresse » d’école était souvent une jeune fille de l’arrondissement qui ayant terminé son brevet était choisie par le commissaire pour y enseigner.
Le premier maître de l’école du rang Saint-Charles, Jean-Baptiste Simard, fils de Jean-Baptiste et Mathilde (Domitilde) Berthiaume, vivait à proximité de l’endroit où l’école est construite. Il occupa ce poste durant presque vingt-cinq ans. Né en 1842, il épouse en 1865, Philomène Poirier qui vit à proximité de l’école, dans le rang Macy Ridge (Saint-Joseph) sur la terre familiale des Poirier.
Les époux vivront sur la terre paternelle des Simard, celle occupée actuellement par Sylvain Duquette. Ils auront trois enfants : Joseph, Calixte et Georgina.
En 1884, le toit de la petite école est rehaussé, pour y loger une future maîtresse d’école, car le maître Jean-Baptiste Simard se prépare à abandonner son poste.
Ainsi se succéderont les institutrices de 1888 à 1935, elles habiteront l’école et occuperont leur poste jusqu’à leur mariage, puisqu’à l’époque les femmes mariées n’avaient plus le droit d’enseigner. Aussitôt leur cours terminé, elles étaient recrutées par un commissaire de la région, du rang ou de l’arrondissement. Souvent on retrouve les filles du voisinage, faire quelques années d’enseignement, près de chez eux avant de convoler avec quelquefois un de leur étudiant, souvent le plus âgé de la classe. C’est de plus, une raison pour laquelle le logis au-dessus de la classe n’était pas toujours occupé, puisque l’institutrice habitait fréquemment à quelques pas de l’école, chez ses futurs beaux-parents.
Liste des institutrices et instituteurs :
1861 @ 1888 J.Baptiste Simard
1888 @ 1892 Florence Duquette
1892 @ 1914 -----
1914 @1920 Germaine Duquette
1935 @ 1942 Madeleine Béchard
1942 @ 1943 Marcelle Tougas
1943 @ 1945 Flore Dussault
1945 @ 1948 Laura-Anne Corriveau
1948 @ 1949 Madeleine Marchessault
1949 @ 1950 Rachel Brault (Parent)
1950 @ 1953 Ruth Laroche
1953 @ 1954 Madeleine Galipeau
1954 @ 1958 Jeannine Leboeuf
1958 @ 1960 Laura Larochelle
1960 @ 1961 Georgette Pinsonnault Pelletier
LA VIEILLE ÉCOLE DU VILLAGE (dite le Couvent)
Cette maison sise au 767 Gauvin, de style « vernaculaire classique-Nouvelle-Angleterre », fut construite durant l’année 1888 alors que notre municipalité n’était pas encore incorporée sous le nom de Notre-Dame de Stanbridge.
Maison à deux étages, aux lignes classiques et sobres, aux couleurs brique, probablement faites localement, elle nous rappelle l’ époque glorieuse de l’enseignement dans notre municipalité ainsi que l’influence loyaliste perçue durant cette période. Les portiques à colonnes indiquent aussi la double vocation de cette bâtisse, qui en plus de dispenser l’éducation, servait à loger les professeurs qui y enseignèrent.
Lors de sa construction, notre communauté gérait sept arrondissements dans lesquels se situaient les écoles « de rang », tandis que cette bâtisse érigée près du terrain de la fabrique, rue Gauvin, qui demeurait la seule école avec plusieurs classes pour desservir les enfants du village.
L’école du village représentait l’équivalent de trois de petites écoles de rang puisqu’elle pouvait abriter jusqu’à 90 élèves dans ses trois classes à divisions multiples. La tâche du commissaire s’en trouvait ainsi accrue puisque sa clientèle plus nombreuse nécessitait autant d’attention sinon plus, que celle des petites écoles de rang. Il pouvait ainsi multiplier par trois les utilitaires requis pour les élèves et l’institutrice.
Durant l’année 1892 – 1893, quatre-vingt-huit ( 88) élèves fréquentèrent cette école et y reçurent un enseignement de niveau primaire. Ces élèves avaient en moyenne entre 7 et 14 ans. Enfants de marchands, commerçants, artisans et ouvriers qui participeront à l'évolution de notre municipalité
De 1888 à 1934, l’enseignement y fut dispensé par des institutrices laïques qui logeaient dans les trois petites pièces exiguës aménagées pour leurs besoins au premier étage de l’édifice. C’est en 1934 que l’abbé Charbonneau, alors curé de la paroisse , a réussi à faire venir les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe pour y demeurer et pour prodiguer l’ enseignement.
Au fil des ans, plusieurs améliorations seront apportées à ce bâtiment désormais appelé « le couvent ». En 1936, on y installe l’électricité; en 1940 on procède à la réorganisation des locaux et à l'agencement extérieur. Le logement réservé aux religieuses se voit déplacé au deuxième étage tandis que deux classes sont réaménagées au premier.
En 1953, à la construction de la nouvelle école du village, le vieux bâtiment appelé « le couvent » est vendu et devient une maison privée à logements multiples. Émile Daigneault devient son premier propriétaire et en fait sa demeure avec son épouse Éva Messier et ses deux belles-sœurs Irène et Alda. En 1980, Lise Messier et Gilbert Gamache s’en portent acquéreurs. C’est en 2009 que la maison est vendue et passe en d’autres mains.
Encore solide et bien droite, cette maison de type vernaculaire classique, d’inspiration coloniale américaine, demeure une réussite de nos ancêtres, bâtie avec les moyens de l’époque. Elle demeure un témoin de ce passé pas si lointain où les enfants du village venaient y faire leur éducation.
LA NOUVELLE ÉCOLE DU VILLAGE
En 1952, suite à une refonte de la loi du ministère de l’instruction publique sur la centralisation des écoles de villages, les commissaires Rosario Granger, Adrien Galipeau, Honorat Leblanc, Placide Lanoue et Georges-Émile Duquette, requièrent la construction d’une nouvelle école au village. Un terrain de 125 pieds de front par 440 pieds de profondeur, appartenant à la Fabrique Notre-Dame des Anges de Stan bridge, est désigné pour son emplacement.
Par un bail emphytéotique, le terrain est loué au prix de 1$ pour une durée de 99 ans à la commission scolaire catholique de Notre-Dame de Stanbridge. Quatre classes, une salle de récréation pour les élèves et un logement pour les religieuses sont prévus, le tout ayant été accepté par le surintendant du ministère de l’instruction publique, le 27 mai 1953.
Débutée le 28 septembre 1953, la Commission scolaire Notre-Dame fait sa première réunion le 10 avril 1954 dans la nouvelle école et le 12 suivants, l’école est par le ministère. Le 30 mai, c’est le grand déménagement qui s’effectue à la satisfaction des religieuses et des élèves. En septembre 1954, c’est la première rentrée dans la nouvelle école.
L’école terminée, une autre cérémonie s’annonce. Le 4 juillet les paroissiens assisteront à la bénédiction du bâtiment par Mgr. Jean-Charles Leclaire, assisté par les abbés Bernard Courville, professeur au Séminaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, originaire de Notre-Dame, et de Lionel Dupré, curé de Pike-River. Des discours furent prononcés par les dignitaires, invités pour l’occasion, par le curé de la paroisse M. Henri Martel et par le maire de l’époque M. Hervé Boileau. Un banquet fut servi après la cérémonie dans la salle de la nouvelle école.
En 1955, les effectifs scolaires se chiffrent alors à 180 élèves répartis dans 5 écoles de la 1e à la 7e année et ainsi qu’à l’école du village, dirigée par les religieuses de St-Joseph, lesquelles dispensent l’enseignement de la 1e à la 9e année. Trente-cinq élèves poursuivent leurs études secondaires à l’extérieur (10e et +).
En 1962, la Commission scolaire, appuyée par le surintendant de l’instruction publique et par l’Inspecteur Édouard Guité, décide de faire agrandir l’école afin que celle-ci puisse recevoir les élèves des écoles de rang qui seront rapatriés au village par le mouvement de « centralisation » qui touche tout le Québec à cette époque. L’agrandissement consistera à l’ajout de 4 classes et une salle de récréation de type gymnase. Le 4 juillet, les travaux débutent et devront être terminés dans les 60 jours ouvrables pour la rentrée de septembre 1963.
En 1963, l’école compte 192 élèves répartis sur 8 classes primaires et secondaires et devient officiellement une école centrale. Les commissaires procèdent alors à la vente aux enchères des écoles de rang, bâtisse et terrain et le tout est complété les 14 et 19 octobre de la même année.
C’est le 25 février 1965 que la Commission scolaire de Notre-Dame se joint à la Fédération des Commissions scolaires du Québec.
En 2009, l’école relève de la Commission scolaire Val des Cerfs de Granby et est fréquentée par 62 élèves tant de Notre-Dame que de Pike River. À l’automne 2015, 94 élèves sont inscrits pour l’année scolaire. En 2017, les centres de servic3es scolaires prennent la relève des commissions scolaires qui sont abolies. Depuis, la population de l’école ne cesse d’augmenter. En 2026, on compte plus de 100 élèves.



