AUTRES HISTOIRES
Fabrication de la brique à Notre-Dame
Le barrage du village de Notre-Dame
« Le site d'un village ne se choisit pas par hasard. Il dépend de caractéristiques assurant le regroupement initial d'un certain nombre de personnes qui trouvent profit à s'établir en un lieu donné. »
C’est depuis 1820 qu’un barrage sur la rivière aux Brochets retient l’eau pour créer un bassin assez important. Construit en bois au début, il servait à actionner un moulin à scie, installé du côté sud de la rivière où les billes de bois coupées en amont étaient acheminées par le courant.
Dès les années 1815, les nouveaux arrivants, des loyalistes, concentraient leurs efforts à la transformation du bois destiné à la fabrication de navires qui servait à la marine royale de Sa Majesté. Les essences de bois de grande qualité formant la majeure partie de nos forêts y étaient affectées en premier lieu. Le bois commun subissait aussi une transformation, et servait plutôt à la construction de maisons et d’édifices pour loger ou desservir les habitants
Sans être ingénieurs, les premiers habitants de nos villages ont compris l’utilité de leur rivière et l’ont utilisée, érigeant des barrages sur son parcours aux endroits de fortes dénivellations. Moulin à scie, moulins à grains ou à carder la laine, tous étaient mus par le pouvoir de l’eau. Ainsi, durant la période entre 1820 et 1920, avant l’électricité, plus de trente barrages furent construits sur la rivière aux Brochets et sur son principal affluent, le ruisseau Morpion.
Établir un moulin à scie sur une rivière nécessite la construction d’un barrage. L’initiative serait celle d’un certain colonel Christian Wehr, un loyaliste, qui en 1820 aurait utilisé la force hydraulique pour aménager et faire tourner ses moulins.
En 1860, M. Julien Couture, un cardeur de Saint-Alexandre, achète le barrage et les moulins à scie de Wehr. Il construit un moulin à grains, bonifiant ainsi l’utilisation du pouvoir d’eau. Les entreprises de Julien Couture profitent et atteignent leurs apogées vers 1870. Son fils Joseph se joindra a son père et deviendra l’unique propriétaire en 1884.
En plus des moulins, le fils Couture construisit une manufacture de laine équipée pour filer, tisser, teindre et sécher la laine et les pièces de tissus. Le barrage pourvoyait la force hydraulique à plusieurs de ses installations, offrant de nombreux emplois et créant une prospérité, éphémère, au village.
Les moulins à scie disparurent du paysage au début du 20e siècle. Le moulin du sud fut détruit par un incendie à la fin du 19e siècle. Le moulin du nord, transformé en moulin à carder devenu un moulin à farine en 1860, fut opéré par de nombreux meuniers, pendant plus de cent ans.
C’est en 1995 que la municipalité, devenue propriétaire des lieux, commande la démolition du moulin à farine , abandonné depuis plus de 15 ans. Un magnifique belvédère sera alors élevé sur ses ruines encore solides faites de pierres des champs.
Cet endroit, devenu aire de repos, nous permet d’admirer la beauté de notre environnement tout en écoutant le bruit apaisant de l’eau se déversant au pied du barrage.















