Autres faits intéressants

Au sujet des trottoirs à Notre-Dame-de-Stanbridge

Lorsque la Municipalité de Notre-Dame-de-Stanbridge s’est incorporée en mars 1889, beaucoup d’activités s’y tenaient, et cela depuis plus de 50 ans. Le déménagement de l’église Notre-Dame des Anges en 1877 depuis Malmaison et la construction d’une usine de tricot près des moulins à scie et du barrage, crée une explosion démographique et donne le coup d’envoi pour l’incorporation de la municipalité.

Plusieurs commerces déjà bien établis sont fréquentés par une population grandissante au gré de ses besoins. Magasins généraux, ferblanterie, ébénisterie, ateliers de forge et de sellerie, cordonneries, tailleurs, modistes pour ne nommer que ceux-là se retrouvent sur la rue principale. En 1889, des trottoirs de bois jetés sur terre battue permettaient aux « pratiques » de ces commerces d’y effectuer leurs transactions en toute sécurité et surtout en toute propreté…

Dans un règlement daté du 7 mai 1898 (règlement numéro 27), le Conseil de la municipalité sous la présidence de l’Honorable J.J.B. Gosselin, sollicite la réparation, le remplacement et l’entretien des trottoirs de bois déjà existants.

Les trottoirs principaux, ceux du côté nord de la rue Principale devaient avoir entre 30 et 48 pouces de largeur et ceux du côté Sud entre 24 et 27 pouces selon l’importance des commerces et des institutions situées en bordure. Les traverses étaient de 12 pouces de largeur. Les coûts de la construction et de l’entretien devaient être répartis aux propriétaires en frontalité pour la pleine valeur de leur évaluation et au reste des propriétaires de la municipalité (pour usage de l’école et de l’église ) pour le quart de leur évaluation. Les trottoir et traverse sont faits de madriers en pruche. Les traverses, des madriers de 3 pouces d’épaisseur et les trottoirs, des madriers de 2 pouces posés sur la longueur et cloués sur des madriers de cèdre à tous les quatre pieds, étaient posés sur le long et coupés des joints; c’est-à-dire que les bouts de madriers ne devaient pas être tous sur la même entretoise. Ainsi, la solidité de la structure assurait la sécurité.

Règlements au sujet des trottoirs :

« Le règlement #27 passé par ce dit Conseil en date du 7 mai 1898 est amendé comme suit. Partout où les trottoirs en bois auront besoin d’être renouvelés, ils le seront en trottoirs de ciment de quatre pieds de large sur toute la longueur du chemin St-François –Xavier ( rue Principale); là où il y a des trottoirs actuellement en bois jusqu’au bout du côté est du village, jusqu'à la résidence de M. Paul Hamel (actuelle de Réjean Boulet). Le reste demeurera en bois. Pour ce qui est de l’entrée de l’église du côté du rang, Sainte-Anne, la traverse jusqu’à l’église sera faite en pierre plate avec des gravois de chaque côté. À partir du chemin St-François-Xavier, jusqu’à la traverse de l’église, le trottoir sera de trois pieds et demi de largeur. La partie de la rue de l’école (Gauvin) jusqu'à la maison de M. Honoré Plante (R. Gaboriault)) sera de trois pieds de largeur. Tous les trottoirs seront faits à au moins deux pieds de distance du fossé. Le bout du trottoir du côté sud du chemin St-François-Xavier à partir du magasin de M. Hormidas Lanoue (1092 Principale) jusqu’à la maison de M. Adolphe Poirier (D. Moreau) sera reconstruit en ciment de deux pieds et demi de largeur où à peu près. (sic) »


C’est en 1910, à la suite d’une pétition des citoyens, adressée au conseil municipal, présidé par le maire Trefflé Morin, qu’un règlement fut adopté (règlement #52) et que la municipalité décidait de changer les trottoirs de bois devenus dangereux, pour des trottoirs de ciment. (Soit dit en passant, durant la même année, un règlement fut aussi adopté pour graveler tous les chemins de la municipalité. Ce projet s’étendra sur dix années).

« Résumé du règlement # 52 passé en date du 7 mars 1910; attendu que les trottoirs de bois dans le village de Notre-Dame-de-Stanbridge ne donnent pas satisfaction aux contribuables intéressés, attendu le prix élevé du bois et de peu de duré, il est ordonné par règlement que ce conseil amende le règlement # 27, passé par ce dit conseil le 7 mai 1898 en vertu duquel les trottoirs actuellement en bois soient remplacés: partout où les trottoirs en bois auront besoin d’être renouvelés, le soient en trottoirs faits en ciment, de quatre pieds de largeur sur toute la longueur du chemin Saint-François-Xavier ( rue principale) là où il y a des trottoirs actuellement en bois, mais au bout du côté est du village au lieu de se rendre à la ligne du terrain de M. Joseph Saint-Denis (parc des Pionniers), il n’en sera fait en ciment qu’à environ (vis-à-vis) la barrière d’entrée de la maison de M. Paul Hamel ( Réjean Boulet).
Pour la partie du trottoir à partir de la fabrique (l’église) la traverse vers Sainte-Anne sera faite de pierre plate avec du gravois de chaque côté. À partir du rang Sainte-Anne vers l’ouest jusqu’à la rue de l’école ( Gauvin) , le trottoir sera fait en ciment de quatre pieds de large et la partie de la rue de l’école ( Gauvin) jusqu’à la maison de Honoré Plante ( R. Gaboriault) sera de trois pieds de largeur. Tous ces trottoirs seront au moins à deux pieds de distance du fossé. Le bout de trottoir du côté sud du chemin Saint-François Xavier à partir du magasin Hormidas . Lanoue ( bloc Gendreault) jusqu’à la maison de M. Adolphe Poirier ( D. Moreau) sera reconstruit en ciment de deux pieds et demi de largeur ou à peu près. Etc. »

En 1945, la municipalité sous la présidence du maire Henri Desranleau réglemente la construction de nouveaux trottoirs de ciment, surélevés et antidérapants, avec inclinaisons d’entrées permettant aux véhicules motorisés d’entrer plus librement entre la chaussée et les cours privées, améliorant ainsi la sécurité des piétons.

Et ainsi de suite depuis 1975 et 2009

De la brique

On fabriquait de la brique à Notre-Dame en 1881

L’origine de la brique remonterait à 7000 ans av. J.-C. Son utilisation se généralise au IIIe millénaire avec la sédentarisation de l’homme. La nécessité de se protéger contre les intempéries et les prédateurs impose à l’homme de trouver un matériau dur et résistant. De plus la brique est facilement réalisable à partir de terre où d’argile. Pendant longtemps la brique moulée puis séchée au soleil, demeure fragile et vulnérable, car elle ne résiste pas bien aux caprices de mère Nature. Laissée plus longtemps au soleil, elle devient plus dure; en la cuisant, on obtient un produit plus résistant qui permet de réaliser des constructions plus importantes. C’est vers 1830 que la fabrication de la brique s’industrialise. Une machine agissant comme un emporte pièce découpe rapidement la forme voulue dans la glaise fraîche.

Ce sont des colons Américains, d’origine hollandaise, immigrés au Québec à la fin du 18e et au début du 19e, dans la foulée de la Révolution américaine, qui introduisent ce style de maçonnerie chez nous. Ces colons avaient apporté d’Europe diverses techniques de construction, dont le colombage briqueté; (techniques que connaissaient aussi les premiers colons français).

Lentement chez nous, la brique prend une place plus importante dans la construction des habitations tant urbaines que rurales. Du mur creux en briques recouvert de plâtre ( double ou triple épaisseurs, séparées d’une couche d’air, diminuant l’humidité intérieure) , la brique devient le revêtement extérieur par excellence ,pour son prix, sa facilité de pose et pour la facilité d’exploitation de grands dépôts d’argile de la région.

L’extraction de la terre, nécessaire à la fabrication de la brique, était faite à partir de puits rudimentaires, de mines ou de carrières d’argile. Une fois cette dernière extraite, un travail de broyage permettait d’affiner cette matière première à laquelle on ajoutait de l’eau pour lui donner une certaine homogénéité afin de la pétrir et lui donner sa forme finale avant de la cuire.


C’est avec la seconde demi du 19e siècle que le nombre de briqueteries va s’accroître au pays et particulièrement ici dans le sud-ouest du Québec. Au fur et à mesure que le paysage architectural se modifie, la couleur « brique » s’impose. C’est un peu la couleur de notre terre puisque la brique est le produit de l’argile régionale. Les « anciens» de la région disaient que la brique fabriquée ici était différente et s’effritait avec le temps. Peut être que la qualité de l’argile y était pour quelque chose où simplement que les fourneaux ne rendaient pas la chaleur appropriée à une bonne cuisson…de toute façon, plusieurs constructions anciennes et qui semblent encore très solides, témoignent que ce type de produit « artisanal » reste quand même une réussite. Chapelles, moulins, manufactures, écoles, magasins, résidences simples ou cossues, se noient dans notre paysage pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Dans les cahiers monographiques de l’abbé Desnoyers, ce dernier mentionne que chez-nous, appelé à l’époque Saint-Charles de Stanbridge,  il y avait du côté sud de la rivière , en bas du barrage et un peu en amont de la petite île, une carrière d’argile appartenant en 1881 à Joseph Couture, un industriel investisseur et entreprenant de ce lieu . En 1882, le sieur Couture engage le sieur Israël Thibault, afin de mettre ledit emplacement en opération en son nom qui deviendra la briqueterie. « Cet humble établissement était un simple appentis érigé sur la rive gauche de la rivière aux  Brochets voué uniquement à la confection de briques. ».


« En 1884, Couture vend le modeste établissement au briquetier pour la somme de $1400. Ce dernier n’y trouvant point son affaire offre de le remettre aux créanciers de l’industriel Couture en faillite. C’était au printemps 1885. Ces derniers n’agréent pas la transaction et proposent a Thibault une déduction de $600. de la valeur présumée de l’établissement. Le briquetier consent à le garder à condition toutefois qu’on lui cède en sus un certain îlot situé à environ trois arpents à l’ouest de la manufacture de tricot. Cet îlot, alors propriété de Joseph Couture, était un endroit charmant et fort propice aux réjouissances populaires dites pique-nique. »


Plusieurs constructions de notre village témoignent de l’activité de cette briqueterie qui fut toutefois éphémère, mais qui a laissé sur notre paysage une empreinte aux couleurs très locales.

Le barrage

« Le site d'un village ne se choisit pas par hasard. Il dépend de caractéristiques assurant le regroupement initial d'un certain nombre de personnes qui trouvent profit à s'établir en un lieu donné. »


Environs deux miles en amont de Malmaison, nous atteignons le centre de Notre-Dame de Stanbridge, appelé jusqu’en 1889, St-Charles de Stanbridge, à cet endroit, le ruisseau Morpion en provenance du nord rejoint la Rivière aux Brochets devenant ainsi un de ses principaux tributaires. Et c’est quelques rapides plus haut vers l’amont au cœur de ce petit hameau que fut construit le barrage qui a donné la vie à notre village. Il faut remonter à l’établissement du premier moulin à scie du côté sud de la rivière pour attribuer la construction d’un premier barrage en bois. L’initiative serait celle d’un certain Christian Wehr qui en 1820 aurait utilisé la force hydraulique pour ses moulins puisqu’il en construit un deuxième sur la rive sud de la rivière. En 1860, M. Julien Couture achète, les moulins à scie et construit un moulin à grains, partageant ainsi l’utilisation du pouvoir d’eau avec celui du moulin à scie acquis dans le même contrat. L’expansion des affaires de M. Couture et de son fils Joseph, atteignent un apogée vers 1870.
En plus des deux moulins, le fils Couture construit une manufacture de laine équipée pour filer la laine, tisser, teindre et sécher les pièces de tissus. Le barrage pourvoyait donc à cette époque la force hydraulique à plusieurs installations qui impliquaient de nombreux emplois et qui amenèrent la prospérité chez-nous.
Le barrage de Notre-Dame de Stanbridge, fut construit pour faire tourner des moulins par sa force hydraulique; il fut en opération plus de cent cinquante ans pour ces mêmes raisons. Dorénavant il sert à retenir l’eau de la rivière créant ainsi un bassin magnifique qui en plus de sa beauté sert de réserve d’eau au service des incendies de la Municipalité.